Je perçus au son de sa voix que ses pensées abritaient, tout comme mes loufoques révâsseries, les effluves de cette ivresse passée. Demeurait dans nos paroles un voile d'oubli que son départ avait laissé entre mes mains, voile qui, même abîmé, me caressait les souvenirs avec aisance et harmonie. Je retrouvai donc ce soir-là, dans l'écho de ses chuchotements, l'enfant qu'il avait été, un jour. Mais. Ne naquit aucun espoir, je ne vis renaître l'ombre passionnée de nos amours, je ne lui hurlai même pas ce que mon rire se tuait à lui dire. Je n'pouvais rien faire, je n'ai jamais su quoi faire.
sans dire un mot, sans répondre,
je laisserai tomber le voile de nos silences,
je voyagerai dans les ruelles de ton coeur.
M'aggripant à tes blessures,
je panserai tes boursouflures.
Laisse-moi rêver,
une dernière fois,
sur tes joues, dans tes yeux
aux bords de tes lèvres.


